Les oreilles et la queue mais surtout ma connerie
Il y a quelques jours, fuyant le jour de Suzon, direction W., 1h14 au sud-west d'ici.
i-Phone en Mapquest, cruise control enclenche. Oui les deux sont compatibles et j'écris mes mails en même temps. Je fais un-peu-ce-que-je-veux-avec-mes-pneus.
Quel bonheur de conduire les pieds au repos. Tu écoutes ta sélection musicale du moment, tu profites pépère du paysage, sur ta p'tite route de campagne, même si tu es accompagnée de cette connasse de p'tite bruine. L'éclaircie tu y crois fort comme la mort, même si c'est pour demain.
Toujours la même végétation que celle de mon sud français, chênes lièges, pins, garrigue. Bon OK, les fermes sont des ranch et les basse-cours, de vastes champs fermes ou chevaux, vaches et même un troupeau de bisons paissent tranquillou, les sabots dans la bouillasse.
W. s'avérera sympa, mais sans plus. Serais-je blasée ? Les mall ont-ils fait de moi une vilaine shoppeuse de rien ? Après ces cinq années, j'ai un peu de mal a m'extasier devant les petites choses du cru, la finesse du point ou les odeurs entêtantes de la bouffetance locale ( un peu ras le bol des senteurs de cinnamon, de pumpkin & Co que tu peux respirer des l'ouverture de la porte-a-clochette. Ça me fout la gerbe et me colle des plaques a l'appendice nasal ), le pur texan glisse sur moi. Ce qui me faisait un effet Waou-génial les premières années me laisse pensive voir perplexe. Mes achats d'apprentie cow-girl achetés compulsivement dans une sorte de transe frénétique ont gentiment été remises dans un carton. Oui je sais. Il y a peu je rêvais encore d'un footstool en peau de vache.
Quelle belle facilite d'adaptation me direz-vous.
Soit. Je me caméléone avec aisance.
Bref, une petite trentaine de maisonnettes mises en boutiques. De l'artisanat, des sculptures surprenantes de bêtes en tôles rouillées et pleines de moustaches, plutôt amusantes, de la décoration de Noël, de la fringue tres moche, du vintage, de la brocante et un peu de bouffe, tout ça dans la grande rue du village.
Allez, j'avoue, j'aurais pu investir dans la couronne de piments rouges a prendre sur ma porte d'entrée, si je n'en avais pas mise une ra-vi-ss-ante en forme de coeur. Rassurez vous, j'ai quand même acheté ma merdouille texane que je collerais dans la babouche de H. Ça vous donne une idée de mon état mental de pauv' fille incapable de se maîtriser.
Jolie surprise de fin de journée quand je suis entrée dans cette petite bicoque qui se trouve un peu en retrait.
Chaque pièce est aménagée selon son utilité. Ainsi, tu te promènes du salon a la chambre a coucher, en passant par la cuisine et redécouvre les objets d'antan, les habits que tu aurais pu trouver chez tes grand-parents période après-guerre. Du déjà-vu mais la mise en scène est naturelle, il fait chaud, ça ne pue pas et la musique est française, on est bien. Dans la chambre du fond, aux cotes des bibis de ma grand-mère, un chapeau de toréador. Un vrai de vrai, tout rond avec les cotes en forme de macarons ( tiens pendant que j'y pense, djellaba-girl-au-bas-de-survet-rose, avec ton casque sur les oreilles tu ressemblais a Princesse Leila ). Noir et rendu de satin rouge sang dessous. Je le prends, le retourne. Le prix est dérisoire, 8 ou 10 barquettes de framboises ou une douzaine d'huitres a se faire livrer par internet.
J'hésite, je me tâte et pour une rare fois m'interroge sur l'intérêt de l'achat. Genre je fais la blonde a l'envers. SOUPIRS de folie.
Mais quelle coonnnnnnnneeeeeeeeee. Je ne l'ai pas pris. Je-ne-l'ai-pas-pris. JE NE L'AI PAS PRIS.
Et me voila depuis, hantée par cet objet.
Ça vous arrive ce genre de bête hésitation ??? Je ne cause pas ici de bottes ou de sacs a main car ça peut aussi arriver, la c'est bien plus grave, objet unique dans un endroit unique. J'en suis malade.
Bon ici Blabla neuve de 37 ans et toujours insomniaque.