Un reproche, des reproches
Le reproche, c'est mon nouveau truc. Un machin gluant qui a fait son apparition il y a quelques temps dans mon environnement.
Avant je préférais me rapprocher que de reprocher.
Effacer, oublier, faire glisser, laisser filer me semblait plus simple. Des petites choses chiantes qui finalement me semblaient sans importance et donc que je faisais glisser le long de mon esprit. Hop oubliée, affaire classée, on passe à autre chose.
Le reproche pour moi est une remontrance. C'est un tripatouillage dans le négatif, c'est infliger à l'autre un truc moche, c'est donner mauvaise conscience à quelqu'un. C'est un jugement désagréable. Un blâme, une ruminerie inutile.
Peut-être que je ne sais tout simplement pas aborder le reproche et peut-être encore moins l'accepter !
Ça s'apprend le reproche ?
Je peux conjuguer son verbe à tous les temps, ça c'est fastoche. Je peux ME reprocher des faits, des pensées, mais j'ai du mal à formuler un reproche, par peur de la réaction qu'il peut entraîner. Oui je crois que je crains la ou les conséquences de l'observation que je pourrais m'aventurer à formuler.
Et les reproches qui me sont faits comment je les gère ? Et bien, ceux-là me déstabilisent, m'attristent beaucoup, me remettent en question et me rendent le plus souvent muette. Un temps d'arrêt, une acceptation, une digestion. Je réfléchis sur le bien fondé de la critique, après je vois ce que je peux réparer.
Je parle de ce problème ici et maintenant car j'ai des récriminations coincées dans le ziguouiguoui qui m'empêchent de respirer et de me libérer. Malin, ça me bloque la relation voire me la détruit.
Mais si je me mets à reprocher, je crains que la situation n'empire et que les règlements de comptes me tombent dessus et ça je peux pas. Le genre "tu me dis ça mais toi tu as fait ça" est ingérable et purement détestable.
Pis la remarque peut se transformer en colère rentrée et c'est très mauvais pour ma santé mentale. Je ne veux pas être une ruminante aigrie.
Pourtant je fais souvent preuve d'empathie, me mets à la place de, je peux comprendre même si je n'accepte pas toujours. Parfois c'est très délicat, pourtant je fais ou je crois faire de mon mieux.
Peut-être que je me fourvoie, je pense que mais pas.
Que je déteste tout cela, moi qui ne souhaite que simplicité et douceur - bon ok j'aime bien quand ça coince un peu, quand c'est pas tout gagné, quand ça gratouille aux entournures, sinon je m'emmerde. Je ne veux pas du tout cuit dans le bec.
Non, pas du tout, je ne suis pas compliquée !!!
Bon et vous, vous en faites quoi de vos reproches ?