La terrasse
Plaisir de pénombre. Persiennes closes. Sensation de fraîcheur. Douce torpeur chère a mon coeur. Je suis rentrée.
Sac posé à la hâte sur la commode du boudoir, toujours en clair-obscur, douce chaleur piquée d'humidité, déchaussement rapide.
Pieds nus sur les tiles poussiéreuses, je glisse de pièces en pièces. Deux. Trois. Je compose du bout du doigt sur le marbre de la cheminée un chemin invisible. Poussières nébuleuses tombées en mon absence. Agacement lointain.
Je pousse les jalousies, libère la lumière accrochée aux volets. Des miettes d'un gris écaillé tombent sur le toit ondulé du voisin du premier, je soupire.
Jappements des bêtes à poil, couinements, accueil, chahut. Bruissements des bras du lierre, frissons de la guirlande du bougainvillier, chuchotements des bambous du jardin d'à coté. La terrasse se réveille.
Il est dix sept heures quarante.