Lov en perfusion
La fatigue, fièvre et maladie ? Des putains d'obstacles à la pensée, à la joie, au plaisir. Des freins au positivisme. Des nuisances de vie.
La fatigue post-maladie est fourbe, elle agit insidieusement et attaque sans crier gare. Sournoise vilainerie que le corps sent arriver mais que le carafon ne perçoit pas. Embrouillaminis de pensées, humeur aléatoire. Prises de tête soudaines, agacements, impatiences, puis c'est la chute finale.
La fièvre est une salope. Une belle salope. La fébrilité est une bien mauvaise compagne qui me rend épouvantable. Elle paume et m'embarque dans des coins très sombres, me fait perdre douceur de coeur et indulgence. Délires incontrôlés. Une fois domptée et médicalisée - mais le mal est déjà fait - je n'ai qu'une envie de disparaître au fond de mon lit trempé, sentiment d'inutilité d'incompréhension et de grosse nullité. Sur mon front est écrit à la sueur fétide : à fuir.
La maladie est une saloperie merdique. Petite ou grande, elle engendre des peurs. Peur de souffrir, peur de se montrer faible, moche, avachie, puante, souffrante. Peur de faire fuir. Peur de subir. Peur de mourir. Du coup, je préfère prendre mes jambes à mon cou, me barrer. Bien trop faible, je file dans mes extrêmes, dans mes failles, je rejette et me jette sans réfléchir le coeur perdu dans le désespéré. Je ne comprends pas, ou plutôt je comprends mal et je prends tout de traviole. Je suis LA victime, la mal-aimée. Je ne vois plus rien. Je ne comprends plus rien. Plus de force, enfoncée dans mon délire, juste ce besoin de disparaître dans mon brouillard tourmenté et de m'y perdre à jamais.
Quand ça va un peu mieux, je me retrouve toute en connassitude dans ma galère en solitaire, rapide tour de mon monde en ruine. Pas joli-joli. Bien emmerdée, embourbée dans mes conneries. J'ai dit ça ? J'ai dit QUOIIIII ? J'ai du mal à embrayer, la marche arrière est coincée. Peur, envie de tout effacer, de reprendre au meilleur moment. Allez on efface tout et on recommence. Allez... pretty please quémandé. Douceur de coeur, sortir de cette bouillasse. Ben oui mais non, pas si facile.
Mais c'est certainement plus compliqué. C'est plus compliqué.
Un mode d'emploi ? Un signe ? Suis un peu perdue mais j'ai encore beaucoup à donner et à partager. Un peu de lov en perfusion s'il te plait.