La femme et la quenelle

Publié le par blabladenana

Il était une fois dans un grand magasin, une quenelle blanche qui patientait.
La denrée mollassonne, mais fort prometteuse, bien calée entre ses soeurs dans son écrin de polymère synthétique, se morfondait.
L'indolente de petite taille, déjà formée et désormais moulée, souhaitait être consommée, dégustée, avalée right away.

Dame ménagère de moins de quarantaine s'en vint a passer par la.
Dans son cabas, déjà, du râpé et de la légumineuse se mêlaient.
La verte salade était toute defrisee par la proximite du jaunâtre limé en sachet.
Qu'en serait-il de la laiteuse ?
Enamourée ? Notre barquette coincée entre du riz et deux belles pommes de terre bien rondes -  pas des nouvelles, bien trop douces et bien trop sucrées, mais plutôt des patates en robe des champs, un peu fripées -  riait sous cape.

Quenelle, apathique quenelle, dis moi un peu si tu tiendras tes promesses.
Souvent gratinée, notre livide bien assaisonnée doublerait de volume lors de sa préparation pouvait-on lire sur son paquet.
Arrosée copieusement d'une sauce opaline sous l'effet de la flamme du four, la jolie devrait se transformer.

Quenelle, blême quenelle, dis moi un peu, par combien de degrés et de frissons parcourue te faut-il pour que je puisse te déguster délicatement ?

Joyeuse quenelle est difficile à apprivoiser, car la belle est d'humeur changeante, ne gonfle et ne prend ses proportions finales qu'à bonne température.

Foutrebleu

Une telle lyonnaise se mérite.
La tendre ne voit rarement le soleil et sitôt sortie de son étui, elle termine enfournée.

On pourrait la plaindre, mais non, elle est ravie et se déguste avec tact et gourmandise.
Insipide ?
Nenni, elle est goûteuse, suave, presque crémeuse, disons-le, juteuse.

L'accompagnement peut compter et changer la donne.
Une belle frisée, de celle-la même qui fut dans le cabas, quelques lardons et une goutte d'huile de noisette qu'on laissera venir sur le bout de la langue pourront suffire a donner du plaisir.

En mise en bouche ou en un plat principal, la quenelle n'est bonne ni tiède, ni trop molle, ni trop saucée.
Les pucelles la degustent du bout des levres.
Les matrones font moins de chichis.
Les vieilles dames s'en délectent avec un sourire entendu.
Et les plus hardies la déglutissent à peine.


Et vous votre quenelle, comment la préférez vous ?



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Publié dans blabla de filles

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S
Fanch... tres fin aussi Mister, encore un sourire a ta lecture, allez deux sourires tres allonges !
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F
Ecriture toujours aussi subtile et jolie.Perso je ne suis pas très fan de quenelles ... et encore moins de me (les) faire en brochet !Bref.Je donne donc ma part à qui veut bien la (hum) prendre !La sauce avec.
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S
Ano de Nimes ou anonyme... ca tombe bien il en faut pour tout les gouts !Lena... salut ma belle, brochet a la quenelle, une eternite pour moi !Quelle sauce ?
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A
moi c'est la titebite que j'aime, pas les kenelles.
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L
j'aime les quenelles de brochet... oui je sais, on ne se refait pas ;-)
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