Maison temoin qui sent le pot-pourri du commerce
Retour de week-end mortel. De la pression la ou il en faut, de la fuite en avant, des pensées éloignées et même un cassage de gueule en paroles. My God ça ne m'arrive pas souvent, mais ça m'a fait un bien fou !
Encore un pas franchi dans ce retour tant redouté.
Beaucoup de pression donc, avec cette vente de maison et les enjeux qui sont au bout. Je me suis réellement transformée en mini-équipe de HDTV.
Nous avons rencontre deux realtors la semaine dernière, je suis sortie effrayée de leur discours de vendeurs. Je ne vous parlerais donc ici que de la legerete du remodeling, laissant bien tranquillement H jouer et negocier les pourcentages et autres joyeusetés du bordel integre.
Très bon contact avec le premier agent.
Je lui ai dit au moins une bonne quinzaine de fois que j'étais crazy, que je me mettais une pression folle concernant l'apparence de la casbah, donc que je souffrais devant tant de contraintes typiques américaines, qu'il fallait qu'elle soit sympa avec moi et me dire les choses petit a petit. OUi, je sais, du blabla qui s'affole et qui agite ses petits bras, toujours et encore.
Je me souviens avoir visite une bonne cinquantaine de maison et vu autant de mises en scène. Salles a manger dans lesquelles les tables étaient dressées. Cuisines immaculées, délestées de tout appareil ménager, pas de ragoût mijotant, ni d'effluves de gâteau au chocolat, pas une goutte dans l'évier. Clean, aseptisée. Avoir vu étonnée, des chambres d'enfants très sages. Des salles de bain aux parfums entêtants et gerbants des pots pourris, poses la bien comme il faut.
No traces de vie. No life. Petites maisons de banlieue bien mignonnes pouvant figurer dans un magazine de déco.
Je me souviens aussi m'etre moquée et clamer que JAMAIS je ne passerais par la.
Une maison rangée soit, ça me parait évident et a ma portée mais pas vidée de son ame, NEVER.
Eh bien, ce matin, après avoir pris note des quelques conseils susurrés par La Dame, parce que out le deuxième agent qui voulait que nous louions un storage pour enlever les grosses pièces dites en trop pour créer l'open space, out la fêlée qui voulait remplacer la moquette a si peu du départ, out la folle-dingo.
J'ai mis en oeuvre, bien obeissante la Chouquette-Cherie.
Certains tableaux ont été enlevés, les tapis ont été roulés, les tris ont été faits, les chambres sont celles d'enfants très sages, plus de traces de tentacules sur les murs, j'ai lessive. Les appareils ménagers ont ete remises, les lessives sont a l'heure, le linge est plie.
C'est la maison Ricoré.
Je trouve qu'elle serait même plus agréable, si il n'y avait pas dedans cet écho de vide.
Ça brille, c'est blanc, c'est beau, je m'entends respirer, marcher, je n'ose même pas fumer ou commencer la mise en route d'un repas. Elle n'est pas plus, elle n'est pas moins, j'ai juste la maison qui sonne faux.
Mais je vais m'y faire.
Autres désagréments de ma maison témoin, c'est que je dois déguerpir fissa des qu'il y a une visite. Prévenue 15 mn a l'avance. En pas-folle-la-guêpe, j'ai teste tous les endroits wifi-free-direct-volé-dans-le-voisinage et je sais EXACTEMENT ou me ranger le temps de la visite.
J'ai du acheter des trucs aussi ... drame de ma vie, moi qui déteste les plantes en plastoc, les pots-pourris etc ... je suis désormais l'heureuse propriétaire d'un pot-pourrave, de deux cactus pas trop laids, de nouvelles serviettes de bain assorties mais dont on ne doit pas se servir ... va expliquer ça aux pieuvres !!!
Je suis devenue en moins de 48H la reine de la lingette express, la folle traqueuse de miettes, la ratisseuse de la moquette a poils longs, la serpillière sur pattes des sols carrelés, la blanchisseuse de la trace noire.