PURPLE FLAG et autres guerillas
PURPLE FLAG , I repeat , PURPLE FLAG : marine pests ...
Je vais aider. Je suis trop bonne et un brin desoeuvree.
Comme cette annee, la mer a bien voulue de moi et ne m'a pas rejetee comme l'annee derniere, je peux le faire, je peux aider. Car, je veux une plage irreprochable, je souhaite la sortir de la situation dans laquelle elle se trouve aujourd'hui : pleine de crabes et de meduses ...
Souvenez vous ... c'etait drole et c'etait l'ete dernier ...
Expulsee, roulee dans un rouleau, recrachee, degueulee par le Golfe du mexique ... la nuque brisee endolorie, presque evanouie sur le sable, les levres tendues pour un bouche-a-bouche avec un lifeguard bodybuilde ( pas K 2000 ) ...
Suis-je - peut-etre - tout simplement mieux lestee cette annee !
Ces quelques 10 kg supplementaires m'ont certainement permis de ne pas echouer sur le bord, telle Medusa.
Les cheveux dans les yeux, un sein s'echappant coquinement immondemment du maillot de bain hypra gainant ( c'est dire la violence du rototo ), le sable degoulinant le long des cuisses, l'oeil torve a moitie ferme pour cause de salitudes encombrantes, pour finir a quatre pattes recrachant du plancton ...
Cette annee, copiant Amphitrite, j'ai donc dompte les rouleaux, j'ai mate l'element.
A ma maniere. J'ai pris ma serviette, mon Hawaian senteur coco, mon Dior pour le visage et je l'ai observe, de loin. Venant un peu plus pres chaque jour avec quelques offrandes ...
Eh bien non, pas de degeulis de mer en ce debut de mois de Mai. Le Golfe se souvient toujours et n'oublie jamais. Il sait que je le respecte maintenant.
Oui, on peut voir ca comme ca.
Cet apres-midi donc, sur ma plage, j'ai enfin joue la vieille qui marchait dans la mer, le pareo noue sur les hanches, les pans nageants au tour de moi. Genre le poisson chinois ou queue-de-voile.
Je n'avais ni grand chapeau, ni canne, ni gigolo a mon bras. Juste une petite epuisette de rien du tout pour me proteger d'eventuels enemis marins.
H pourrait tres bien faire l'affaire avec 20 ans de moins et jouer le role de mon jeune amant, mais bon je dois m'accrocher pour le faire sortir de son bunker anti-UV.
Oui, de loin, ses cheveux argentes, longs, tres longs, trop longs, la tete en arriere, le regard perdu dans le lointain, la chemise en lin blanche, tres blanche, les manches paresseusement remontees aux 3/4, son boxer marine a mes cotes, marchant dans l'eau, les pieds liberes ... H pourrait faire carriere.
NAN.
Pensez vous, a Punta Cana, il a deja mis 24H a virer son petit bermuda a popoches. Pour ensuite faire un stage supplementaire de 24H pour apprivoiser le soleil. Pour, toujours, avec precaution et delicatesse, faire tomber sa chemise. Et enfin s'installer bien a l'abri sous le parasol ...
Avant d'etre tres poivre et sel, H fut blond avec - le pauvre - la peau qui va avec. Il a garde une certaine fragilite dermique. Le soleil n'aime pas son corps. L'homme rougit, l'homme se langoustifie rapidement, avec ou sans grosse protection solaire, et croyez moi, apres impossible de l'amener pres des vagues.
Bref, aujourd'hui, ma gigolette de mari - pas encore enfournee, aussi rouge que je suis black de chez black de la mort qui tue - est reste, m'observant goguenard sous son joli parasol multicolor achete pour l'occasion ...
Nous sommes tres moqueurs et tres taquins.
J'attends de mon cote les premieres rougeurs de ma gigolette, le degainage de Biafine et les ruminations qui s'ensuivent. Et lui, du sien, mon ripage d'eau salee ou grignotage de doigts de pieds par des crabes affames.
Mais, ce matin, Purple flag en eau transparente. Quelques vagues, des dauphins mais tres tres loin ( peut etre est-ce depuis que je fais pipi couleur Banga !), je suis partie a la chasse aux crabes et aux meduses armee de mon filet a batraciens.
Bonne pioche, admiration des minis devant mon tas gelatineux. Ca sera deja ca de moins a eviter dans la mer. Je deteste les meduses, meme en jus !
Rapidement lassee par les jellyfish, trop fastoche, je me suis attaquee a une proie bien plus coriace : le Liocarcinus holsatus ou communement appele crabe des sables.
Vous savez bien, le salopard vicieux qui vit tout au bord, en eau peu profonde, pile la ou les minis pataugent, la ou les adultes se rafraichissent, les fesses ou les petons.
Le liocarnicus holsatus est ruse. Le bougre s'enfouit sous une fine couche sableuse et attend l'orteil libere. Eh bien j'ai jete un sort a la beast et a ses compagnons.
L'epuisette en main, le poignet souple mais ferme, j'ai traque la bete. J'ai attaque, je me suis debattue et j'ai vaincue ... Extermines le gang des carapaces ... au moins sur un rayon de 200 metres. YES !
Desormais grace a moi, H tentera peut etre de s'approcher de ces eaux translucides, il prendra peut-etre meme mon bras et me guidera dans les flots, vieille noiraude toute ridee au chapeau de paille et canne en main.
Maintenant que mon gigolo est presque bronze, bien beau dans sa chemise blanche, la chevelure au vent, il profitera enfin de son dernier jour de vacances !
