Manege desenchante
Dimanche
Avis de tempête dans la casbah.
L'orage gronde au loin, enfin, quand je dis au loin, ca serait plutôt juste au dessus de ma tête a vrai dire. Les murs tremblent, il pleut des hallebardes. Jets de maux, jets de vilains ...
Les supplices sont anciens mais je les découvre avec horreur comme si c'était la première fois.
J'avoue que sur ce coup la, je me sens peu faiblarde, un peu loin et un peu toute seule sur mon radeau.
J'ai déjà essuyé un vilain grain, je continue a écoper et a pagayer.
P*&^%$, j'ai pas le pied marin et je n'aime pas nager dans ces eaux troubles. Toujours peur des bestioles qui pourraient m'emmener loin du rivage, au large, au fond de l'abysse.
Rien n'est jamais fige, l'équilibre n'est qu'illusion. Il a suffit d'un gros rien, d'une méchante broutille pour renverser la vapeur. Je n'ai pas été assez attentive aux chuchotements de ma cocotte, la soupape a explose. Pas de morts, juste quelques -trop- graves blesses légers.
Violence des mots, gestes agaces, colère incontrôlée, ca fuse, ca heurte, ca marche ! Le but est atteint, dépasse même. I'm impressed. Chacun touche l'autre du mieux qui le peut, les mots sont des armes qui égratignent. Ca va amocher, ca va saigner, j'vais te zigouiller, j'aurais ta peau parce que ca va pas.
Pas envie de souffrir, de me perdre, d'avoir peur, de me laisser faire ou de faire trop de mal. Crainte de ne pas ressortir indemne de cette baston. Trop de tensions et de stress extérieurs, trop de repos intérieurs, trop de solitude. Trop plein de tout.
Cocon fissuré, brèche ouverte, venez, engouffrez-vous, c'est tout chaud.
Et No control sur la situation bien sur. Je ne tiendrais ni dans la longueur, ni dans la largeur. Pas la peine de continuer, je suis morte. Plus besoin de me dégommer, c'est fait, j'ai mal et je suis fatiguée. Pourtant, je ne ferais pas le dos rond, car je ne peux pas tout accepter.
Allez, Repos et Respect car j'ai mérité.
Lundi
Pas une seule phrase échangée depuis samedi après-midi. Calme plat. J'aime pas. Je préfère les cris, les portes claquées, les assiettes jetées que ce vide.
H a préféré prendre le large. Evidement je crève d'envie de savoir ce qu'il a bien pu faire ( on ne se refait pas ! ) ... j'essaie de blagouner mais ca ne me fait pas rire.
Bref, ce matin j'ai pose les trucs a plat dans ma petite tête, et je crois que j'ai un peu merdouille. Oui, sinon comment j'aurais ce gros sentiment de culpabilité au fond de moi ?
Pas bien a l'aise. Avec du recul, j'ai peut-être dit des trucs pas tres intelligents. Un peu du malgré moi qui part trop vite dans le feu de l'action. Normalement ca retorque, ca continue, mais la, au deuxième échange, c'etait plutôt mépris et tristesse. Enfin je crois.
Ah mon Dieu, si j'étais un homme ... enfin, juste la, maintenant, parce que j'aime trop avoir des seins. Ca serait juste pour arrêter de me triturer le cervelet. Parce que les "Ca se trouve et si ca se trouve et , et ... " bien girlie-girlie, j'en ai ma claque.
Si seulement j'étais moins pudique aussi, pas fière, pudique j'ai dit ! Rhoooo ... ca aiderait. je precise
Mais voila, non seulement je peux être pénible, méchante quand on me fait mal, mais en plus je suis incapable de m'excuser, même si je crois que ca serait de bon ton. Même si je pense me prendre un deuxième aller-retour verbal ... Noeud-Noeud non ?
Je n'aime pas cette guerre froide, je n'aime pas ce silence, cette ignorance. Je n'aime pas quand on se fait du mal. Surtout en ce moment, c'est deja pas folle ambiance a l'exterieur de mon marais ...
I'm a desesperate Housewife.