Decousue

Publié le

Version off, relâche, temps mort, voila la nuit.

H s'active en bas, je m'ennuie. Rien a proposer.

Ensemble et seuls, nous sommes coinces dans nos bulles respectives. Ensemble, seuls et séparés. Nos aspirations sont différentes mais nos chemins se rejoignent sans cesse. On se frôle, on s'enchaîne. Respirations a l'unisson. C'est fort et c'est léger. C'est tout et c'est rien. Ça va.

Boring.

Je l'entends. Je connais ses bruits, invisibles mais tellement prévisibles. Il me gêne et m'agace.

Il est penche sur son clavier au milieu de son joyeux bordel. Amas de feuilles, de factures, de CD qui s'étalent sans complexe dans la poussière infinie des jours qui passent. Des fils disgracieux pendouillent bêtement le long de la tapisserie. Spaghettis noircis, fissures de mur, je vous hais. Un vieux laptop décédé sur la gauche, des piles rechargeables perdues sous sa chaise. Un désordre intime, un je-m'en-foutisme masculin de choses oubliées, que je déteste profondément. On cherche le respect dans des endroits bien surprenants. On s'arrête parfois sur un quotidien qui s'endort. Ça me gratte, ça me démange, mais pas encore assez. Ça pourrait même me faire hurler comme une vieille tringle a rideau. Je n'ai pas le don de masquer mes nuits. Juste celui de me réinventer mes jours.

Il sort, s'étire, allume une cigarette, la troisième de fin de soirée, tour de jardin, rentre, se racle la gorge, prend son verre d'eau. Clavier, étirements, cinquième cigarette, jardin, gorge, trois fois, verre d'eau. Rideau.

Je m'enquiquine, roulée en boule dans mes humeurs.

La maison est bien plus silencieuse la nuit qu'en pleine journée. Le silence est diffèrent, profond, perceptible, plus franc. C'est a ces heures que je m'éloigne. Je vais distiller sur ma place publique ce labyrinthe de pensées anodines. Elles sont faites de tangentes, de parallèles et de perpendiculaires. Je gomme, je rafistole, je gribouille, je rature. Insignifiante ou non, je m'en moque, c'est mon intimité, ma profondeur relative. 

Je pense a lui, je pense a elle. J'imagine, je soupire, parfois moqueuse, souvent songeuse. Je me laisse porter. Je me permets certains détours. Personne ne sait, personne ne doute. Et si ma vie parait passive, terne parfois ou juste en vitesse de croisière, j'en réinvente certains épisodes. Pures créations de l'esprit, de moments futurs qui peut-être ne prendront jamais vie, de moments passes qui ne seront plus, édulcorés. Je suis myope et je m'astigmatisme le souvenir.

En ce moment, je ne rêve plus. La nuit, mon sommeil est artificiel et de courte durée. Un stricte nécessaire qui me permet d'être aimable et d'éviter le roquet qui comate en moi. Le jour, je suis sous anesthésie très localisée.

Rien de bien extraordinaire. Ça va. Mon cruise control est toujours bloque sur le roller coaster de mes humeurs.

J'ai pousse plus loin les emmerdeurs. Je ne sais plus si je sais vraiment aimer. Profiter, savourer, murmurer, frissonner ? Ma notion de plaisir s'est evanouie une nouvelle fois.  Je hais tout ces gens, je les fuis, je me terre, je me tais, toujours ce stricte minimum. Mais je suis encore bien trop polie.

Je ne suis pas belle. J'ai le sein doux mais lourd, le coeur décroisé, la peau fripée. Mes pores sont asphyxiés, j'ai perdu des pixels. Même pas en crise, juste en gêne.

 

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S
<br /> Malin, j'ai l'air trop conne avec mes evidences.<br /> Je pensais au hurlement du rideau. <br /> Allez je sors ;-)<br />
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L
<br /> laquelle ??????<br />
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S
<br /> Ma Fee ... tu vas sourire. J'ai ecrit une phrase en pensant a toi mais ce n'est pas celle-la, j'etais sure que tu m'en parlerais .... GRRRRR me suis plantee !!!<br /> Je t'aime aussi Ma Fee !<br />
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L
<br /> "Je ne suis pas belle. J'ai le sein doux mais lourd, le coeur décroisé, la peau fripée. Mes pores sont asphyxiés, j'ai perdu des pixels. Même pas en crise, juste en gêne." elle est magnifique cette phrase ... tu as un vrai talent .... vraiment<br />
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S
<br /> Ch'tite memere maintenant ! Please don't say that, je suis chatouilleuse a cet endroit en ce moment :-) Heureusement que tu me bouscules un peu !<br /> <br /> Zia ... prete pour la deuxieme pensee du soir ? Ou j'attends encore ?<br />
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