12-31-07
Je ne comprends pas, ce matin, nickel tralala coeur en fête, Bonne Année, Happy New Year beugles par des chapeaux pointus avec humains en dessous dans mon HEB de quartier ( la supérette du coin ). Queues aux baraques de feux d'artifices, allégresse et bout entrain !
Et v'la la croks troquée avec le sabot, en fin de déjeuner, genre 14h34, heure mexicaine - parce qu'ici c'est aussi cosmopolite - que raboulent les résolutions de fin d'année que je redoutais tant.
Soit, une bouteille fut ouverte et terminée. Et ça aide pas croyez moi.
Soit, la mélancolie n'avait pas pointe son nez depuis belle lurette.
Soit, j'avais très mal dormi malgré ma sucette goût somnifère, encore toute perturbée par un énième épisode de Lost.
Soit, des pensées éparpillées aux quatre coins du monde mais quand même pas mal centralisées vers l'Europe.
Soit, H s'est pointe avec son contrat de vie pour 2008. Genre un anti-casse-couilles-femme-enfants-famille-patrie. Le truc pas casse-gueule sur lequel je me suis vautrée avec splendeur et délicatesse.
OUINNNNNNNN j'veux pas partir ...
Soit. Parce que j'ai demande le sanglot coince dans la gorge aux brutasses de la maison ce qui leur manquerait le plus ici, en n'écoutant que mes gémissements internes.
Soit. Parce que j'ai parle de nos vacances futures genre été 2009, évoquant la voix enrhumée, que peut-être un échange appart'/ maison ou un simple gardiennage de maison de copains pouvait être a envisager.
Soit. Parce que je vais essayer de trouver une communauté américaine la ou je serais, ou simplement anglophone, parce que lycée international a perpette n'est pas donne.
Soit. Parce qu'il faudra savoir quel bouquet choisir pour avoir ces chaînes débiles américaines dont je raffole tant, je n'entrerais pas dans le détail futile de mes perditions actuelles.
Soit. Parce que je suis pétrifiée de peur a l'idée de rentrer. Que j'ai pas envie de perdre tout ça, même si ce n'est qu'un faible reflet, qu'une simple expérience, qu'un épisode parmi tant d'autres dans ma vie. Pas envie, no choice.
Soit. Parce que j'aime bien ces étendues, ces panneaux verts, cette politesse de route même si je reste une connasse de vilaine française dans toute son horreur prête a doubler le chariot de la vieille dame dans la queue du Carrouf pensant même au croche-patte a lui faire en passant, ou de gruger a la file du téléskis pour gagner deux minutes avec un air dégagé ... so what ?! Ça va, je l'ai pas fait depuis mes 15 ans et je n'ai jamais fait de mal aux vieille dames.
Soit. Parce que même si j'aime pas plein de trucs dans ma vie d'ici, les US, c'est pas rien. Il faut le vivre pour le comprendre. Et il faut partir pour le regretter.
Même si je déplore - tardivement- avoir couru inutilement et comme une imbécile après une vie sociale d'expatriée que j'aurais souhaite avoir, que ça n'existe pas ou si peu. Le Ravi du village dans la crèche, cherchez pas, c'est moi. J'enrage maintenant sur cette énergie dépensée et ce temps perdu. Maintenant voila, le cote je-mouline qui ressort.
J'aime surtout ma vie avec mes américains-de-voisins, mes chit-chats de comptoirs avec les inconnus, mes rencontres, mes prises d'électricité a trois points, les Down-Town majestueux, les interrupteurs, la météo texane, les minis bilingues, les fenêtres qui se coulissent par le bas, les autoroutes a 1000 voies, les trucks, les cow-boys, le way of life, la gentillesse même si elle est superficielle, les gros steaks larges comme une main de géant, TOUS les évènements festifs a mettre en scène façon Disney dans son jardin ou sur son balcon, ces magasins toujours ouverts, cette civilité de base ... je sais aussi que ceci n'est que la jolie partie de ce pays aux inégalités irritantes mais je ne suis qu'une touriste de vie qui passe, qui découvre et emmagasine. J'ai touche du doigt au rêve américain et j'ai aime.
Mais ne croyez pas que tout fut facile. Tous ces deuils survenus pendant notre absence que nous avons pleure en différé et mal enterres. Les malheurs de nos très proches que l'on n'a pu soulager a distance. Mon désarroi de mère a notre arrivée face au mal être d'une de mes filles, que j'ai cru que jamais nous allions nous en sortir. Nos petits bobos a l'âme, nos blessures de vie survenus tout au long de ces cinq années.
Je suis privilégiée, j'en suis consciente.
Mais mes sentiments actuels sont au delà de l'aspect financier et matériel dont nous avons pu bénéficier ici. C'est quelque chose d'impalpable qui ne s'achète pas. Je ne suis pas sure d'être très claire, encore moins que l'on me comprenne. Whatever.
C'est la première fois que ca m'arrive de ne pas vouloir rentrer. Mais je ne veux pas rester non plus. Pas taper, pas taper ...