Mother on strike
Ça y est la machine infernale s'est mise en marche.
Fébrile, j'entends au loin les grincements du mécanisme.
Je suis passée en noir et blanc. Glacée, aux sentiments épars.
C'est bien la première fois qu'un déménagement me coûte a ce point. Serait-ce parce que j'ai eu tout le loisir de m'y préparer ? J'ai du temps. J'ai eu du temps, beaucoup trop de temps. Me manquait l'envie, me manque encore l'envie. Too bad !
Je me retrouve acculée comme cette petite crasse abandonnée dans l'angle du mur. Grossièreté des choses mises en attente. Vulgarité de la prise en main.
Bras qui tombent, épaules douloureuses, gorge comprimée, poings serres, ras le bol habituel de la DH qui revient au galop. Ce n'est pas le moment pourtant. Prendre le large avant la débâcle ? Mettre les voiles devant le je-m'en-foutisme qui caractérise mes mollusques familiers ? Le chant des sirènes n'a aucun effet sur moi.
Courage fuyons.
La dame est en grève, je passe le relais, le témoin, je ne suis plus dans la course. STOP. Poing de cote. File moi de l'eau de Javel ça va me réveiller.
Nerveuse, j'entends cette mécanique au loin, prête a m'avaler.
Cette fois, peut-être juste pendant quelque temps, ne comptez pas sur moi.
J'ai les yeux cernes, le muscle mou et douloureux, la chaire affaissée de la femme fatiguée. Engrenage diabolique, altération du rouage.
Y'a du NO-WAY dans mon palais. Je me suis mise en grève. Plus de bras plus de chocolat.