Début de matinée

Publié le par blabladenana

Au loin les mouettes.
En bas, le bruit des rues qui monte vivement.
Le concerto de klaxons excédés ou étonnés, démarrage de moto, crissements de pneu, accélérations soudaines s'élèvent dans les airs.
Mars s'est réveillée depuis bien longtemps.

La dorée perchée qui surveille le tumulte de la cité, semble avoir pris une pause. Rien de lui échappe, ni les secousses du poids-lourd, ni les sirènes hurlantes des pompiers, ni, la nuit, les lumières faiblardes du phare au loin. Elle est la et veille sur sa ville et sur la mer de son air bienveillant.
Je ne suis même pas sure qu'elle se soit assoupie un instant. Elle doit rêver parfois de pouvoir, rien qu'une fois, déplier son bras ankylosé.
Poser son enfant, étendre les bras haut haut haut... jamais, juste une pause de temps en temps.

Les fenêtres sont ouvertes, sur un temps mitigé. Ni beau ni mauvais, ni gris ni bleu, blanc.
Journée blanche, symbole de paix, en miroir du tumulte intérieur.
Des sourires en coin, le feu est passé a l'orange, on imagine la pédale appuyée, vite, par à-coups, il avance sa caisse. Il sera coincé au feu suivant, ralenti par la lenteur du bus qui a eu du mal a prendre le virage, lente-ment, gen-timent.
Ça énervera le bonhomme, il se rattrapera plus haut dans l'une des deux longues allées du Prado. Plus vite, plus vite, la course avec les feux. Droite, gauche, il fonce bourré d'illusions.

Le piéton quand a lui ne râle pas encore, c'est le début de sa journée.
Mais il hésite, un pas en avant sur la zébrure blanche un pas derrière sur le trottoir affaissé, il danse, s'impatiente.
L'instant est flottant. Indécis, il se tâte. Un peu trop.
Finalement il reste sur son îlot, bougonne tout bas, les membres fébriles. il aurait du, il regrette, c'est trop bête, quel con.
Finalement le piéton a râlé. Je l'ai entendu tout bas de mon troisième étage.

Ça y est ma pièce est en ville, de mouettes, de martinets, de pompiers, de passants, de conducteurs s'est retrouvée envahie.

C'est l'heure. Je dois.

Je soupire, repousse ma couette, pose un pied sur quelques grains de sable volés hier a la plage, grimace, pense a hier, efface de la main, regarde la fenêtre, loin, un peu plus haut, me perd deux minutes dans ce ciel blanc. Un demi-sourire, encore un ou deux soupirs. Hésite, incertaine, pas de passage piétons a traverser, juste se lever et repousser vraiment la couette.





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Do 27/05/2009 00:08

Punaise! que c'est dur de repousser la couette!!! En ce moment il y a des gros baraqués qui se glissent le long des façades de mon immeuble et jouent avec des perceuses. Bien malgré moi je finis par repousser la couette, énervée, mais sentant que ce n'est pas la peine d'insister. C'est certain, avec ce vacarme je ne redormirai pas! 

Sbla' 05/06/2009 17:16


Do... quelle horreur, se faire reveiller par un marteau-piqueur ou genre :-( OUi enervee mode ON ! On veut du chant d'zozios !


Sbla' 24/05/2009 10:42

Miss Chacha, c'etait mon lever d'hier matin. Je t'offre un peu de Mars un samedi vers 10h34

miss chacha 23/05/2009 22:56

j'adore. Ça me touche et tres beau.